TETE DE L'ESTROP

Publié le par Cat&JM

TETE DE L'ESTROP

par la cabane de Troumille et le pas de l'arête.

15 AU 17 JUILLET 15

 

Rocbaron, le 15 à 17 heures : Jean-Marc rentre du boulot, Laure nous rejoint, puis Denis. Nous chargeons rapidement toutes les affaires dans le fourgon de Denis et hop, nous voilà partis pour Prads Haute Bléone, à côté du Lac des Eaux Chaudes, point de départ de notre rando. 2 h 30 plus tard, nous installons tables, chaises, apéro, à destination. Il fait bon, et même, une petite polaire n'est pas de trop. Laure nous concocte de délicieuses pâtes bolognaises. Je sors mon camembert qui embaume, un dessert. Les tentes sont jetées, hum, un peu en pente, le terrain… Vite au lit, demain, debout cinq heures moins le quart, départ cinq heures et demie.

 

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16 juillet

 

A l'heure dite, le réveil sonne. Enfin !!! Mais pourquoi les duvets glissent-ils autant sur les matelas auto-gonflables ? Les fabricants n'ont jamais dû bivouaquer de leur pauvre vie ! Laure se lève avec de petits yeux : "j'ai glissé toute la nuit…" Denis, qui lui, a dormi confortablement dans son camion, ne veut pas être en reste : "la glacière a ronflé toute la nuit…" Bon, bah comme ça nous sommes à égalité. Copieux petit déjeuner et préparatifs de départ. Laure râle : une demi-heure de retard, j'aurais pu essayer de dormir encore un peu. Allez, tout le monde est prêt. Enfin presque… Denis a oublié de mettre ses chaussures de rando. C'est peut-être vrai qu'il a mal dormi ! Nous suivons la piste qui traverse le torrent de Mallevesse, à sec. Peu après, sur la gauche, au niveau de la ruine des Espelisses, un cairn. Et oui, c'est là qu'il faut commencer à monter, monter sans faiblir 1900 m de dénivelé ! Le sentier, très raide, mène à la cabane de Troumille à 1570 m. Nous suivons la crête, accompagnés de nuées de mouches qui nous prennent pour des transports en commun. Petite pensée pour Didou… Soudain, nous voyons Denis tousser, cracher, s'étrangler.

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Ayant sans doute un petit creux, il a cru bon de gober une de ces petites bêtes ailées…Nous passons le Pas de l'Arête et nous nous hissons sur le premier sommet à 2060 m. Au loin, des chamois caracolent. Une arête interminable s'étire devant nous. Un sommet, un autre, encore un autre. Et si on évitait celui-là (2179 m) ? On peut partir en traversée… Est-ce une bonne idée ? Pas de sentier, une pente malaisée, glissante où l'on joue les dahuts ! Ouf, ça y est ! Nous rejoignons l'arête. Nous passons a côte d'une cabane en ruine et suivons les crêtes de la Basse. Nous sommes au-dessus de Mallevesse. En dessous de nous la cascade de 100 m, point de départ de l'intégrale du canyon. A droite, nous apercevons les Mées de l'Estrop et à gauche le sommet du Gourgeas. Enfin, une petite pause, histoire de reprendre quelques forces. Mais… pourquoi Denis ne nous répond-il pas ? Il est fâché ? Et non, il s'est endormi… Mouche tsé-tsé ? Courage, il faut repartir.

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Dernier sommet sur la crête, nous sommes à 2603 m. Las, nous perdons de l'altitude en rejoignant le col à 2532 m. Ça fait tout de même du bien de reprendre son souffle ! C'est de là que partent les courageux canyonistes pour rejoindre la cascade de 100 m. Nous continuons à descendre jusqu'à l'altitude 2445 m pour rejoindre le tracé rouge. Le sommet nous apparaît, immense, lointain.

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Un peu de végétation là où nous sommes, quelques fleurs, de la verdure, là-haut des cailloux, encore des cailloux. Plus que (ou encore) 500 m de dénivelé. Le sentier est assez facile à suivre, quelques marques, des cairns. Nous regagnons de l'altitude. Nous laissons vers la gauche le sentier vers Laverq, continuons l'ascension, traversons des barres. Encore une croisée de chemins, nous prenons à gauche. Sommes-nous sur la lune ? Le paysage s'est fait minéral avec ses curieuses dalles découpées au couteau. Nous nous hissons et sautant de pierre en pierre, nous parvenons à la Grosse Barre. Le sommet se rapproche. Denis sent les ailes de sa mouche battre dans son œsophage, dans son estomac. Ça le rend nauséeux. "Je reste là, continuez sans moi". Sans scrupule, nous lui abandonnons nos sacs et plus légers nous grimpons vers le sommet. Plus qu'une centaine de mètres (de dénivelé bien sûr). Devant nos yeux ébahis, une dalle immense, découpée en mille morceaux réguliers nous mène vers le sommet. Fantastique ! Enfin il est là, le sommet (2961 m) ! Enfin non, juste derrière.

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Un abri bivouac, un cairn, une vierge noire, des panneaux solaires, on y est. Un carnet dans un bidon étanche, nous y inscrivons notre présence. Point de vue à 360°, superbe. Juste en dessous de nous, de jeunes chamois nous surveillent du coin de l’œil. Reste à rejoindre Denis. Nous retraversons la dalle. Bizarre, dans ce sens, elle ressemble plutôt à un manteau d'écailles. Nous retrouvons notre copain, qui ressuscité, décide lui aussi de finir l'ascension. Nous en profitons pour sortir notre pique-nique. Depuis le petit dèj à 6 h du matin, on a les crocs ! Des nuages s'amoncellent au-dessus de nous. Denis revient, avale vite fait deux bricoles et on y va. Fait pas chaud, on se fera un café plus bas. Ne reste plus que la longue descente vers le refuge (900 m de dénivelé). Nous reprenons le même chemin jusqu'au point où nous avions rejoint le tracé rouge. Quelques gouttes tombent. Nous obliquons vers le refuge que nous apercevons bientôt, là, tout en bas, au fond du vallon. Des marmottes sifflent à notre approche, mais pas sauvages, nous regardent passer.

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Encore une pente bien raide, les pieds demandent grâce, et enfin une petite passerelle, une remontée et nous y voilà : le refuge Roger Carle nous accueille. Et quel accueil ! Johanna et Samuel nous reçoivent à bras ouverts. Il est 17 h. Cela fait 11 heures que nous sommes partis. Réhydratation sur la terrasse devant une vue grandiose à coté de la source de la Bléone. Un berger et ses chiens viennent nous rendre visite. Nous nous installons dans une petite chambre. Nous ne sommes que 6 au refuge, nous 4 et un jeune couple qui dormira dans la yourte. Une toilette rapide (je teste la douche solaire sans m'y attarder, vu les nuages et l'heure tardive) et Jean-Marc nous entraîne dans le pré, où il a repéré une slackline. Nous remontons vers le refuge. Mais que font mes amandes sur le chemin ? Je comprends vite. Le chien du berger a trouvé le petit sac de vivres de courses, abandonné malencontreusement sur la table. Tant pis pour moi ! Arrive l'heure du repas. Nous goûtons une limonade d'orties. Nos hôtes s'installent avec nous tout en nous servant une délicieuse soupe aux orties, une daube accompagnée de polenta au basilic et un merveilleux gâteau. Et bien sûr, un petit génépi maison. Nous bavardons encore un peu mais nos yeux se ferment seuls. Il est temps de prendre un repos bien mérité. Bilan de la journée : 12 km (et oui, c'est peu), 1850 m de dénivelé positif, 950 m de dénivelé négatif.

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Vendredi 17 juillet

 

De notre chambre, vue sur les montagnes éclairées par le soleil. Magique. Nous descendons pour le petit déjeuner. Bizarre, nous avons un peu mal partout. Le dos de Laure lui fait des misères. Dernières photos de nous 4 devant le refuge prises par Johanna et c'est le départ. Au revoir, nous reviendrons, c'est sûr. Nous passons à côté des moutons, du berger et de ses chiens… Grrr ! Là, c'est moi qui grogne ! Le sentier est agréable, ombragé, joli. Nous admirons la cascade de la Piche d'où l'eau tombe d'une trentaine de mètres, passons le Pas du même nom, traversons le ravin des Eaux Grosses, puis une passerelle qui enjambe la Bléone. Bientôt sur l'autre rive, nous apercevons le hameau de la Combe.

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C'est la fin du sentier. Une piste prend le relais. Celle-ci, relativement à plat, épargne nos vieilles douleurs. Encore environ 3 km. Voilà le cairn, à partir duquel, hier nous avons commencé à monter. La boucle est bouclée. Nous retraversons le torrent de Mallevesse, et bientôt surplombons le lac des Eaux Chaudes. Nous sommes arrivés !!! Nous avons fait 11 km, descendu 810 m de dénivelé. Vite, retirons les chaussures. Il est 12 h 10. C'est l'heure ! Je sors le pastis. Denis a tout prévu pour confectionner une bonne salade. Nous savourons ces instants, satisfaits de ces deux bons jours, apaisés et sereins après tous ces efforts, heureux d'avoir atteint notre objectif.

Cat.

Publié dans rando

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B
L'ESTROP, est-ce trop ?<br /> Merci & BRAVO de partager cette très belle rando alpine entre les mots et les photos, sur la sente de Troumille que quelques uns cherchent encore... Biz-JYves
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