CORSE - GR20 d' Asco à Manganu
Publié le 7 Juillet 2013
Mardi 11 juin 2013 – 4ème étape
Nous sommes réveillés par les gamins d'un collège, en classe découverte, hébergés eux aussi au gîte. Nous regardons les randonneurs remplir la navette de 9 h. Nous, nous devons partir à 12 h 30. Tiens, pourquoi ces cris ? Un gars, prévu pour 9 h, ne peut partir. Quelqu'un a sûrement pris sa place. Mais qui ? Nous retournons au gîte nous assurer qu'il n'y aura pas d'embrouille pour nous. Le patron ne veut plus rien entendre. Sympa ! Nous campons sur le trottoir pour attendre l'arrivée du mini-bus de pied ferme, bien décidés à jouer des coudes si nécessaire. Ce ne sera pas utile et nous voilà à l'intérieur. Le chauffeur démarre. Oh, mais faut s'accrocher ! Nous descendons des gorges à toute allure. Le fourgon a-t-il encore toutes ses roues sur la route ? Nathalie et Françoise ont mal au cœur. Nous arrivons à Punte Leccia avec soulagement. Mais ce n'est pas fini. Encore 1 heure et demie de route ! Ça remonte en suivant de nouvelles gorges, un barrage. Le paysage est magnifique. Nous voilà arrivés à destination. Un kilomètre de goudron : pour le prix, le chauffeur aurait pu nous emmener jusqu'au bout de la route... Une piste, puis un sentier nous mène jusqu'aux bergeries de Ballone. Mais, elles sont de l'autre côté du torrent ! Comment traverser ? Là, ça semble plus facile. René, grand-prince nous aide à traverser. Nous doublons les bergeries. C'est beau, il y a de l'eau partout. Les boutons d'or et les violettes rivalisent avec les asphodèles, les elléborores et les digitales. Nous franchissons encore deux torrents. On aperçoit le refuge, là-haut, tout là-haut. Lacet après lacet, nous arrivons enfin à Tighiettu (1683 m) où Charly nous accueille. Fantastique ! On a l'impression d'arriver chez un copain. Le refuge, aux parois inclinées, offre une vue aérienne sur le vallon d'où nous venons. Le repas que nous propose Charly n'aura pas d'égal. Nous aurons même droit à la liqueur de l'amitié.
Mercredi 12 juin 2013 – 5ème étape
Au revoir Charly ! Nous redescendons aux Bergeries de Ballone (1440 m), cette fois par le sentier des mules, tracé bleu, conseillé par Charly qui évite les acrobaties pour enjamber les ruisseaux. Le chemin reste vallonné jusqu'au départ de la raide montée à la Bocca di Fuciale (1962 m). Nous gravissons des dalles abruptes avec des passages escarpés. Nous passons à côté de névés. Enfin au col, nous continuons jusqu'au refuge de Ciottulu di Mori (1992 m). Mais, c'est Raymond ! : - "Tu dors là ?"
- "Bah oui, le collègue a décidé de s'arrêter ici !"
Le pauvre, elle va être longue l'étape demain ! Le sentier reste relativement à plat jusqu'à un petit col où nous déjeunons. Nous plongeons dans la vallée du Golo. Le paysage prend un air marocain. Nous passons vers les ruines des bergeries de Tula. Nous suivons le torrent où des vasques turquoises nous invitent à nous rafraîchir les pieds. Certains ne résisteront pas. Une première passerelle, nous passons en rive gauche. Mais, que m'arrive-t-il ? Pourquoi suis-je en train de faire des tonneaux dans le bas-côté, sous les yeux horrifiés de Nathalie et Philippe ? Peut-être ai-je juste voulu éviter un bout de sentier puisque à quelques mètres de moi, celui-ci continue. Une deuxième passerelle et nous arrivons aux bergeries de Radule (1370m). Le sentier nous semble interminable jusqu'à Castel di Vergio (1404 m) où nous nous installons à l'hôtel-gîte. Une bonne douche chaude, un excellent repas et au lit.
Jeudi 13 juin 2013 – 6ème étape
7 heures : mais où est ma housse de duvet ? Je redéfais mon sac en râlant. Rien. Allons déjeuner, on verra après. Et c'est Jean-Marc qui l'extirpe du fond du sien ! Allez, c'est parti. Une descente dans la forêt, puis un morceau relativement à plat et nous arrivons à un panneau : Col de San Petru – Lac de Ninu
. Commence une belle montée jusqu'au col (1452 m) que nous atteignons assez vite. Mais bien sûr, comme presque tous les cols en Corse, une fois l'objectif atteint, ça continue de monter ! Un autre col et nous basculons de l'autre côté de la crête et suivons un superbe chemin en balcon. Nous rejoignons la Bocca a Reta (1883 m). Nous basculons et descendons en lacets jusqu'au lac de Ninu (1760 m). Mais, c'est le paradis ici ! En amont et en aval les pozzines dessinent leurs courbes scintillantes. Des chevaux, des vaches paissent tranquillement. Nous irons déjeuner plus loin pour ne pas abîmer ces merveilles de la nature. Mais quelques nuages nous cachent le soleil et l'air est frais. Nathalie soupire : "On est en Corse, ici même les nuages sont au ralenti". Et que sort Marie de son sac : un énorme agenda, avec tous ses numéros de téléphone ! Pas étonnant que son sac soit lourd... Nous suivons la rive droite du Tavignaneau (2ème fleuve de Corse). Après une petite montée, nous arrivons aux bergeries de Vaccaghja (1568 m). On aperçoit le refuge. Une descente, une montée, puis un dur raidillon pour enfin arriver sur une passerelle qui traverse le Manganu. Enfin nous arrivons au refuge du même nom (1601m). Mais qui arrive ? C'est Raymond, venu lui, de Mori. Bravo. Il maudit son collègue qui, de toutes façons, a rejoint la civilisation. Qu'importe, il ne tardera pas à se faire un nouveau copain, Serge, même allure, et … même humour. Après avoir soufflé un peu, il nous déclare : "J'ai un chalet dans l'Ubaye, là-bas, je suis un dieu ! Ici, je suis un nul !. Là-bas, une pierre sur le chemin, et je porte plainte au Syndicat d'Initiative !". Puis il nous raconte son étape : "Je parle avec un berger, je suis le chemin, je regarde mes pieds, toujours le chemin. D'un coup, mais, où je suis ? Plus de tracé. Je cherche, j'appelle, doucement, plus fort. Panique ! Enfin, au loin, sur un arbre, du blanc et du rouge. Je l'aurais embrassé !".
Ce soir, pour nous, ce sera sous la tente. Rapide toilette au torrent pour éviter la queue des douches de toutes façons froides. Traditionnelle Pietra en évitant de se prendre les pieds dans les planches déclouées de la terrasse et repas bôf. Les petits légumes des pâtes s'avèrent être une boite de ratatouille. Marie, Nathalie et Philippe cuisinent leurs spaghetti à la sauce tomate. Je les envie...
A suivre...