Entre Ardèche et Gard
Publié le 16 Avril 2012
Week-end de Pâques
Invités par Jam's à crapahuter quelque peu sous terre ce week end, nous le rejoignons à Salavas, vers 11h le dimanche matin, où il arrive accompagné de Didier et Christiane. Le nez dans les topos, qu'allons-nous faire aujourd'hui ??????
Pourquoi pas la fontaine de Champclos ?
En chemin, nous faisons un détour pour voir l'entrée de la goule de Foussoubie car nos trois compères ont fait une traversée de l'évent de Foussoubie la veille. Ensuite direction Barjac, une petite incursion à la goule de Sauvas que Didier et Christiane ne connaissent pas, les Vans et le hameau de Naves.
Nous nous garons prés d'un joli moulin et nous voilà partis. Nous remontons un premier lit de ruisseau, ça devient ardu et devant nous, nous ne voyons que le fond du cirque et pas de grotte. Demi-tour donc. Nous avons raté un chemin bien plus symphatique où Jacques part en reconaissance et ...........disparaît. Nous suivons ce chemin tantôt rive gauche, tantôt rive droite et arrivons devant la résurgence, mais pas de Jacques !!! Nouveau demi-tour pour essayer de comprendre. Nous le retrouvons vers le départ en train d'appeler et de siffler après avoir parcouru tous les sentiers du coin. Nous nous sommes loupés au moment où nous avons changé de rive. Nous repartons vers notre trou et passons devant la sortie d'eau en direction de l'entrée artificielle, quelques marches de géant au-dessus.
Cinq ou six mètres de descente et nous voici dans une belle galerie, une traversée en main courante à côté d'un lac et voilà la salle du Mont Blanc.... Enorme !
Nous prenons une grande galerie vers l'amont, Jacques installe une corde pour accéder dans la salle suivante.
Au retour, nous nous dirigeons vers la galerie de sortie où coule "la rivière". Hum, le niveau est bien haut et le plafond bien bas!
Jacques aprés s'être allongé dans l'eau, demande qui veut s'immerger complétement ?
Pas nous ... Avis unanime, nous rebroussons chemin et remontons en haut de la salle pour sortir par là où nous sommes entrés.
Aprés un bon repas, vite au lit, ce soir il ne fait pas chaud.
Participants : Didier Marsch, Christiane Bourin, Jean-Marc et Cat Bianco, Jam.
Objectif : à la découverte de l’Oxfordien.
La Fontaine de Champclos est une magnifique petite traversée d’Ardèche du Sud accessible en 15 min par un sentier évident qui conduit à la source. La traversée ne nécessite qu’une petite corde. L’oxfordien dans lequel elle se développe semblait réserver de belles photos.
Avec une présentation pareille, cette journée paraissait bien débuter. Il se trouve que je m’étais déjà rendu dans cette cavité. Il se trouve que ca remontait à 20 ans. Il se trouve que j’ai des trous de mémoire…
Didier, Christiane et moi avions Rdv avec JM et Cat à Salavas, près de Vallon Pont d’Arc, devant l’église. C’est pratique les églises, il y en a souvent. Celle-ci, elle était inaccessible, et à coté, il y avait un temple, qui ressemblait à une église. Nous retrouvâmes donc JM et Cat à l’Office du Tourisme, temple du touriste.
Dés notre rencontre, allez savoir pourquoi, la conversation tourna très vite au descriptif des catastrophes successives de JM et moi-même ayant entrainées la perte de nombreux appareils photo : moi, j’ai ouvert le sac de mon reflex tout neuf à l’envers, il s’est fracassé sur une dalle calcaire ! Moi j’ai vomi sur mon appareil photo au début du trek au Népal, il était tout neuf aussi ! Moi j’ai fait tomber mon appareil antichoc de 20 m. Et bien il n’a pas résisté ! Incroyable … Ca dura 20 min et une douzaine d’appareils divers, jusqu’à que quelqu’un dise : « Et si on allait prendre des photos à la Fontaine de Champclos ? ».
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Nous voilà donc sur le parking. On relit le descriptif d’accès :
« Remonter le ruisseau et suivre un sentier qui mène à l’entrée de la Fontaine ».
Autant s’habiller complètement et suivre le ruisseau qui coule faiblement sur les dalles calcaires. Nous n’aurons pas chaud.
On remonte, on remonte, et Didier nous trouve des fossiles interdits à la cueillette. Ca donne un prétexte à ralentir, car la température monte sous les combis. Au bout de 20 min, en haut de la remontée, une falaise, mais pas de grotte. Nous levons le nez et, du surplomb qui nous surplombe violemment, nous voyons s’écouler un filet d’eau. Plus haut. 30 m plus haut. Aaaah !! Mais alors !! Il fallait monter à gauche … au début du chemin…. Demi-tour. On se console en trouvant ça joli. Didier trouve encore des fossiles interdits. Ca donne un prétexte à penser à autre chose. On prend le chemin à gauche, un peu en sueur.
Depuis un moment, je cherche, au fond de ma tête, quelque chose, un souvenir, une image, une odeur, enfin, quelque chose qui indique que je suis passé un jour ici. Mais rien, RIEN de RIEN.
Le chemin monte à gauche, et arrive à un embranchement.
…
Ah.
…
Et toujours rien dans ma tête. Je devrais penser à la changer prochainement ou la faire réparer.
Je pars à gauche en courant, car il y a là une autre rivière, plus importante, qui coule d’un autre vallon. Et ca m’énerve. Alors je vais voir et je cours longtemps, mais toujours pas de grotte. Je stoppe à une cascade, puis fait demi-tour en courant, ca commence à transpirer sérieux. Mais il n’y a plus personne à l’embranchement. Ils ont dû monter. Alors j’y vais, et je monte loiiiiin. Mais toujours personne. Je suis sur une crête avec rien à gauche et rien à droite. Devant moi, une espèce de cordasse en Nylon de 22 mm. Je n’envisage même pas les collègues pendus sur cette chose. Alors je fais : « Ohé ! » Et puis « OHE ! ». Ca résonne sur les parois. J’essaye « OOOOOOHHHHHEEEEEE !!!! » et puis « OUUUUUUUHHHHOUOOOOUUUU », et tout un tas d’autres bruits, sans réponse. Que faire ? Je redescends, remonte au premier chemin, redescend. Je suis en sueur comme pas possible. Résigné, je retourne à la voiture, reprend le livre, relit le descriptif, mais il dit toujours la même chose :
« Remonter le ruisseau et suivre un sentier qui mène à l’entrée de la Fontaine ».
Comment se fait t’il qu’il ne parle pas de Cat, Jean-Marc, Didier et Christiane ?? N’importe quoi ! Décidé, je repars une nouvelle fois, et au bout de 40 m je croise JM qui reviens chercher son GPS (il est temps, je te jure !). Il m’explique qu’on s’est croisé à 20 m par deux chemins quasi parallèles. Bon, ils n’ont pas trouvé l’entrée, mais se sont arrêté devant une petite source basse pas très jolie. Quand je lui dis que ca correspond enfin à un souvenir, il ne me croit pas. Mais si ! Demi-tour.
C’est bien là et c’est bien bas. Allons voir l’entrée haute, encore 15 min.
Une trappe métal, un amarrage, on laisse la corde.
C’est tout de suite joli, tout le monde est content jusqu’au moment où Jean-Marc sort son appareil photo et les flashs. Comme j’ai cassé récemment le mien, je considère que c’est un peu le mien. JM est très gentil, il ne m’en voudra pas. Alors je participe en disant : « Mets toi là, décale toi, déclenche à trois, éteint la lampe, rallume, on recommence, ne bouge pas, toi va t’en, reviens, non pas dans ce sens, si plus à gauche, ou à droite ». Ca crépite sous le doigt de JM. Personne ne moufte, sauf Christiane très indépendante, qui traverse la scène sans se soucier des acteurs et de la caméra. Elle a bien raison. Mais tout de même.
En tout cas c’est beau. C’est grand, et on sent bien que c’est Oxfordien, surtout dans la salle du Mont-Blanc. C’est la plus oxfordienne de toutes, avec ses grandes parois style je n’ai jamais vu ça ailleurs. On est vraiment content et on visite tout ce qui mesure plus de 8m de large et 15 m de haut. (Enfin, sauf un petit détail).
A un moment, un polonais passe. Tout seul, avec ses flashs. Il ne peut donc pas parler avec lui-même. Il disparaît bientôt, comme il est venu.
Nous décidons de sortir en suivant l’eau. C’est très différent. La rivière est là, mais le plafond aussi, juste au dessus de l’eau. Environ 50 cm, puis 30 cm. J’hésite, me mouille les jambes les bras, le ventre, le nez. Visiblement il faut se mouiller plus dans la position dite de l’Otarie. Je réessaye, mais vraiment, ca ne donne pas envie. Au moment où je murmure : « Je ne suis pas très motivé pour sortir par-là », j’entends flouch ! flouch !, me retourne, mais il n’y a déjà plus personne derrière moi.
Mmmmhhh.
La sortie par l’entrée est tout aussi bien.
Dehors, Hi ! Hi ! Hi !, nous rencontrons deux jeunes qui cherche l’entrée depuis un moment Ah ! Ah ! Ah ! Nous les aidons. Tout de même. Ils doivent revenir cette nuit. Ils sortent d’un canyon, et demain ils en font un autre. Si ! Ca leur apprendra !
Nous avions prévu de rouler pour changer d’endroit. Ca se transforme en 60 m de marche arrière pour trouver un bel endroit plat et herbeux, où nous pouvons discuter de la journée de demain autour d’un apéro. Mais l’apéro aura raison de la préparation du lendemain. Tard dans la soirée, nous voyons passer les lumières des deux jeunes partis pour de nouvelles aventures… Que feront-ils dans 20 ans ?
Jam – Avril 2012
Lundi matin, petite grasse mat.
Après le petit déjeuner, toutes les topos sur la table, l'éternelle question revient :Le Camelié, Les Pèbres, la Cotepatière, Peyrejal, Sauvas .......? Finalement, une piste, une autre.
Nous partons en reconnaissance, une fois, deux fois. Nous ne sommes pas seuls ! L'heure tourne et c'est par hasard que nous nous retrouvons en bas d'un puit de 45 m dans une pure merveille. Les photos s'imposent.
Nous remontons, des étoiles plein la tête.
Hélas il est tard et nous nous séparons à regret, chacun prenant une direction différente.
Merci Jacques pour ce très agréable week end.
Cat et JMarc