TREK HAUT ATLAS M'GOUN

Publié le par JMarc et Cat

MAROC
21 mai au 1er juin 2012

 

Organisé par:

François-Eric Cormier

de la Compagnie des Guides de Chamonix

et l' Agence de voyages  et randonnée au Maroc  " Sentier Berbère"

Participants :

François et Fabienne

Patrick

Christian

Christian dit Chri-Chri

Jean-Blaise

Jean-Marc et Cat

 

21 mai 2012

Il est 13 h 5O. Nous retrouvons François-Eric à l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, Terminale 2B. Nous faisons la connaissance du groupe, tous des alsaciens. Après les formalités d'embarquement, nous décollons à 15 h 55, dans un airbus A319, direction Marrakech. Nous atterrissons à 18 h 20, heure locale. Allez, il faut régler nos montres, il y a une heure de décalage.

Notre guide Mohamed, de l'agence « Sentiers berbères », nous attend. Nos gros sacs sont chargés dans un minibus qui nous mène à l'hôtel Imilchil où nous nous installons.

Mais déjà l'heure du repas approche et nous voilà partis pour la place Jemal El Fna. Incroyable, cette place ! Des centaines de calèches, tirées par deux chevaux, trimbalent des touristes, dans une forte odeur d'urine. Conteurs, montreurs de singes, charmeurs de serpents rivalisent avec des marchands de toutes sortes. A deux pas, les souks où nous faisons une brève incursion.

Nous sommes un peu étourdis par le monde, le bruit, charmés par les couleurs et les senteurs. Nous grimpons sur la terrasse du « café de France » où nous nous régalons d'une délicieuse salade, d'un couscous, d'une salade d'oranges à la cannelle. Après le thé à la menthe, nous regagnons l'hôtel pour un repos bien mérité.

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22 mai 2012

Petit déjeuner à l'hôtel. Avant notre départ, Akim, le directeur de l'agence de trek, nous rend une petite visite. A 8 h 45, nous prenons la route, direction nord Atlas Central.

Le paysage est très plat et assez monotone : cultures d'oliviers et d'eucalyptus, moutons maigrichons qui paissent au bord de la route, carrioles tirées par des ânes transportant du foin, des matériaux divers ou des personnes. Nous passons El Attaouia. Les maisons ne sont pas finies mais la route est jalonnée de boutiques. Des bouteilles en plastique et des sacs poubelle sont répandus un peu partout. Nous traversons des oueds à sec où poussent de nombreux lauriers roses, et longeons des haies de cactus.

J.B. prend une photo toutes les trois secondes, non, trois photos à la seconde ! Au loin, à droite, les montagnes El Sahrig. Une petite pause pour nous dégourdir les jambes et savourer un thé à la menthe, ainsi que du pain trempé dans de l'huile d'olive, et nous reprenons la route. Une étoile et la devise du Maroc : mon Dieu, ma Patrie et mon Roi ornent une colline. Nous laissons derrière nous de nombreux châteaux d'eau et le paysage devient plus accidenté. Nous arrivons dans la province d'Azilal.

De petits villages, couleur terre, sont nichés dans les vallons : Aït Majden, Tanant. A Azilal, nous dégustons un délicieux tajine. J.B. nous fait goûter sa liqueur de framboise. Non, non, pas sur un sucre s'il te plaît ! A la fiole ! D ailleurs, Mohamed ne se fait pas prier . Mais il faut continuer. Au loin, les premiers sommets enneigés apparaissent. Nous prenons de l'altitude sur une magnifique route de montagne, dans un paysage rouge et vert. Nous arrivons à la vallée des Aït Abbes, encaissée, encadrée de hautes parois, où s'ouvrent des baumes.

Au fond, le torrent. Nous nous arrêtons au gîte d'étape d'Abbachkou, point de départ de notre trek. Le camion est déchargé et nous nous installons dans trois chambres. Les couples sont favorisés : nous occupons deux chambres. La troisième sera pour les célibataires. Nous faisons la connaissance des muletiers et du cuisinier qui nous accompagnerons lors de notre périple.

Petit thé et gâteaux avant de partir explorer la contrée. Nous avons un grand besoin de marcher après tous ces kilomètres en voiture ! Nous allons jusqu'au village d'Ighir n Ighrazene dans la vallée des Aït Bougemmez, en suivant les canaux qui permettent l'irrigation des nombreuses cultures. Nous nous laissons charmés par les épis d'orge qui ondulent dans le vent et les chevreaux qui nous souhaitent la bienvenue. Retour au gîte. Nous sommes à 1600 m d'altitude.

Au cours de l'apéro, Mohamed révise les prénoms : Jean-Blaise, Christian, Fabienne etc... Arrivé à Jean-Marc, il pense se souvenir de « Omar ». Éclats de rire . Du coup, chacun sera rebaptisé : François-Eric sera Ali, Jean-Blaise : Ahmid, Fabienne : Fatima, François : Hassan, Patrick : Hassen, Chri-Chri : Brahim, Christian : Rachid, et moi : Malika. Mohamed ne s'en tirera pas comme ça : il deviendra Georges.

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23 mai 2012

Nous descendons nos gros sacs auprès des mules, qui, les pauvres, vont s'en charger pendant une semaine. Et s'il n'y avait que ça : la grosse tente cuisine, la tente salle à manger, 5 petites tentes, les matelas pour tous, le matériel de cuisine, les provisions et j'en oublie sûrement !

Et nous voilà partis. Nous remontons la vallée de Ghrouguelte, dont le nom signifie « cadenas », en traversant les montagnes d'Adrar Tanrekeddit. Nous passons au village d'Ighrir, puis c'est le village de Ghrouguelte. Puis nous remontons la vallée encaissée d'Aqqa Dadaghour. Nous suivons le lit du torrent en le traversant très souvent, tantôt sur des passerelles où l'on joue les équilibristes, tantôt en sautant de pierre en pierre . Attention aux pieds mouillés ! Belle matinée : nous avons déjà parcouru 11,190 km, nous annonce FEC en consultant son GPS.

Nos muletiers se sont arrêtés dans la vallée et nous ont préparé une énorme salade (tomates, poivrons, concombre, olives, oignons, maquereaux, pâtes) que nous dévorons avec un bel appétit. Le fromage, apporté par FEC, les bananes, le thé à la menthe, sont pareillement engloutis. Après une courte sieste, il est temps de continuer. Les plissements du terrain sont impressionnants.

Des genévriers millénaires, sortes de bonsaïs géants nous dit François, semblent issus de la roche. Nous peinons un peu dans la caillasse du bord du torrent. Enfin nous voici sur le plateau où pâturent de nombreux troupeaux. En face de nous, le col que nous gravirons demain. Les mules sont arrivées, le camp installé. Thé à la menthe (bière berbère disent les alsaciens) et repos avant le dîner dans la tente salle à manger. FEC nous sert l'apéro : pastis, whisky, vin blanc alsacien ( merci les copains) saucisson, fromage de Savoie. Nous enchaînons avec la soupe, le couscous, une poire au sirop, le tout arrosé de vin marocain, le Ksar.

Une infusion de verveine fera passer le tout. Allez au lit. C'est notre premier bivouac sous tente. Attention Fabienne, on entend tout. Vas-tu dormir habillée ou non ? Pour l'intimité, c'est pas gagné !

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24 mai 2012

Nous nous réveillons à 6 h 30. Il fait froid. Un peu engourdis, nous attaquons l'ascension du col de Tizi n Rouguelt, 2860 m. Mohamed imprime à notre groupe un pas très lent de montagnard. Les hommes râlent un peu, les filles sont contentes. Le rythme nous va très bien !

Le col, qui nous semblait loin, est gravi en 35 mn. Vue superbe sur la haute vallée de la Tessaout. Malheureusement, derrière, il faut redescendre ! Les mules nous doublent. Nous suivons des yeux leur cheminement. Est-ce possible qu'elles passent là, dans ces barres ? Et oui, et...... nous aussi ! Nous arrivons au 2ème col, à 3171 m. Nous traversons le plateau de Tillibit'n'Tarkeddid (3000 m).

Des bergeries, inoccupées en cette saison reçoivent notre visite. Les bergers y passeront tout l'été. La combe de Tarkeddid est le point de rencontre des troupeaux des transhumants Aït Atta, venus pour l'été du sud, notamment du Jebel Sagho. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans un coin paradisiaque, un replat gazonné où coule une source.

Le bivouac de ce soir n'étant pas très loin, FEC nous propose un petit détour, histoire d'agrémenter notre après-midi. De baumes en abris sous roche, de rochers bizarroïdes en sculptures naturelles, nous montons sur le point culminant du plateau de Tarkeddit, du haut duquel nous pouvons apercevoir les villages traversés hier. Nous ne voulions pas arriver trop tôt au bivouac ! Gagné ! Ce n'est que vers 18 h que nous arrivons aux tentes, au bord de l'oued Tessaout, à l'entrée des gorges de Wancras.

Le thé nous attend, accompagné de beignets sur lesquels nous nous jetons. Las ! Il faut aussi dîner de bonne heure, car demain, c'est le grand jour, il faut se lever tôt. Dommage, nous ne ferons pas grand honneur au repas.

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25 mai 2012

Lever 4 h, petit déj, 4 h 30, départ 5 h 10, aujourd'hui le M'Goun, plus grosse journée du trek. Les frontales vissées sur la tête, chaudement vêtus, nous voilà partis. Le départ, ça va ! Nous marchons un bon moment sur le plateau de Tarkeddit, passons le refuge du même nom, avant d'atteindre la base des montagnes.

Le jour s'est levé. Nous troquons nos frontales contre nos lunettes de soleil. C'est lequel, le M'Goun ? Celui-ci ? Non. Celui-là ? Non. Plus loin, là-bas, le dernier..... Nous commençons l'ascension. Dur, dur. Tiens, les hommes ne râlent pas même si le rythme est lent. Jean-Blaise qui a mal à la gorge se tait et s'accroche derrière Mohamed.

Le vent ne nous facilite pas la tâche. Nous traversons des névés, bien glacés au début, un peu « soupe » vers la fin de la matinée. Nous voici sur les crêtes. La plus haute, c'est celle-ci ? Non, celle-là, au fond. Ha !!!! Enfin, vers 12 h 15, le sommet 4070 m et son cairn. Mohamed s'attaque à la reconstruction de ce dernier. Évidemment, lui n'est pas fatigué. Séance photos obligatoire. Le panorama s'étend à 360° sur le haut Atlas Central et le sud marocain. Le vent souffle de plus belle. Aussi attaquons-nous sans plus tarder la très longue descente. Aïe, les cuisses, les genoux. 400 m de dénivelé dans les éboulis entrecoupés de névés.

Les chaussures fument. Aussi, lorsque vers 14 h nous atteignons des gorges où coule un torrent glacé, c'est avec délice que nous tremperons nos pieds dans l'eau. Pchiiiii.... Aujourd'hui, c'est pique-nique, œufs durs, tomates, jambon, fromage. Eh oui, les muletiers ont contournés le M'Goun. ! Déjà 15 h, il faut repartir. Oh non, ça remonte ! Pas pour longtemps, ça redescend, encore et encore. Et là, tout en bas, loin, loin, le campement, dans la vallée d'Oullilimt (sans culture).

Voilà, nous avons réussi et ce fut une belle course. Nous avons fait 1400 m de dénivelé positif, autant de négatif, parcouru 22 km et marché 11 h. Pas mal non ? Allez, apéro pour fêter ça. Et alors, J.B. , le champagne pour ton premier 4000 ? Mais J.B., penaud, n'y a pas pensé et nous nous consolerons en dégustant une bouteille de vin blanc alsacien.

(Mais combien en ont-ils apporté ?).

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26 mai 2012

Nous démarrons vers 9 h. Aujourd'hui, ce doit être une petite journée. Nous descendons la vallée d'Oulilimte. Les paysages sont fabuleux. Nous sommes-nous égarés dans un Western ? Où sont les cow-boys, où sont les indiens ? Qui se cache derrière ces cheminées de fées ? Arrêtons de rêver. Des bergers inoffensifs, des enfants curieux nous suivent des yeux. Fabienne qui a eu la bonne idée d'apporter des crayons de couleur, des chouchous pour les filles, nous aide à approcher les enfants, un peu sauvages. Les mamans inquiètent nous surveillent de loin, puis s'approchent. C'est ainsi qu'à la bergerie Ighil, nous ferons la connaissance de la famille Aït Berdah : Fatima, Media, Saïd, Mohamed, Khadija, Fadma, berbères bédoins.

Nous sommes invités à boire le thé. Nous entrons dans la pièce, toute fraîche, nous nous asseyons en cercle sur les tapis pour déguster un thé comme nous n'avions jamais bu. Chacun a conscience de vivre un moment privilégié. Malgré tout, il faut continuer. Prenant notre temps, nous explorons un petit canyon avant de rejoindre l'oued.

On monte, on descend, on suit la rivière, on la traverse, une fois, allez, on retire les chaussures, deux fois, rebelote, trois fois, allez, les chaussures sècheront. Le repas de midi est prévu à l'endroit du bivouac de ce soir. Serait-ce derrière cette arête ? Derrière le coude de la rivière ? Nous guettons les tentes.

Le campement est sûrement installé à côté de l'ancien refuge Aflafal. Euh, non ! Les muletiers ont-ils décider de doubler l'étape ? Nous passons à côté d'un ancien grenier. Et là, une mule, puis deux, puis les tentes, ouf, nous sommes arrivés à « Tighremt'N'Aït Ahmed »Il est 16 h. Nous sommes à 1633 m d'altitude. Nous nous jetons sur la salade. Un brin de toilette au bord de la rivière. Pas si facile, y a du monde partout ! Malgré l'heure tardive du déjeuner, le dîner sera apprécié. Sauf par J.B., toujours patraque et qui n'a pas faim. Jean-Marc lui propose un « vogalène ». Le voilà ressucité ! On n'arrive plus à le faire taire. Mais qu'y avait-il donc dans ce cachet, s'inquiète Christian, son compagnon de tente. Nous nous couchons dans la bonne humeur générale.

 

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27 mai 2012

Aujourd'hui, journée tranquille. Nous démarrons vers 8 h 30. Nous suivons les méandres de l'oued M'Goun, jalonné de villages berbères comme Elmrabitine, Wawchki. Nous commençons à retrouver la civilisation. Nous traversons de nombreuses cultures telles que blé, orge, luzerne. Des enfants viennent à notre rencontre : pas photos, flouze, flouze, stylos, stylos.

Mais Fabienne a tout distribué et de toute façon, nous ne souhaitons pas encourager la mendicité. Nous nous arrêtons pour déjeuner au village d'Ifqirene, où, surprise, il y a une fontaine avec un robinet. FEC et Fabienne apprivoisent peu à peu les enfants en leur montrant des photos. Mais les petites filles se retournent dès que l'on fait mine de braquer l'appareil sur elles. Cela devient un jeu. Nous poursuivons jusqu'à la bergerie Imi'N'Irkte où nous campons ce soir. Les petites tentes sont installées dans la cour. Ce soir, douche chaude, nous annonce -t-on. En effet, deux douches. Un tuyau sort du mur, au bout du tuyau une pomme de douche.

Mais d'où vient l'eau ? Derrière le bâtiment, un fût, rempli d'eau, sous lequel brûle un feu de bois. Un tuyau part du fût et s'emboîte sur le tuyau de la douche. Un peu plus loin, une source. Le propriétaire remplit le bidon au fur et à mesure de l'utilisation, tout en vérifiant la température. Ingénieux ! Et ça fait du bien ! Lessive rapide, repos, et c'est l'heure de l'apéro. Nos matelas qui nous servent de siège pour les repas sont installés dehors sous des canisses. Moment émouvant : FEC remercie chaleureusement Mohamed de sa gentillesse, de son dévouement, sa façon d'appréhender la vie et pour tout dire d'être ce qu'il est. FEC en témoignage de son amitié, lui offre sa médaille de membre de la compagnie des guides de Chamonix. Mohamed, malgré sa pudeur, n'est pas loin d'avoir les larmes aux yeux et .... nous aussi !

 

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28 mai 2012

Nous partons vers 8 h 30. Une petite marche d'approche nous amène jusqu'à la rivière. Un autre groupe fait la même balade que nous. Et nous voilà les pieds dans l'eau. Ha, mais c'est qu'il pousse, le courant ! Nous assurons nos pas, surtout que l'eau est couleur café au lait et que l'on n'y voit rien. Nous avons de l'eau jusqu'aux genoux. Peu à peu, nous prenons confiance et nous cheminons tranquillement, rive droite, allez on traverse, rive gauche, allez on retraverse, entre de hautes parois.

Tiens, celles-ci se rapprochent. Tiens, le niveau de l'eau monte. Les petites jambes mouilleront la culotte ! La vallée s'élargit de nouveau et soudain, un petit paradis : un gîte en pierre, une terrasse ombragée sous des canisses, des lauriers en fleurs, des figuiers, une source. Nos muletiers malins nous ont retenu la place sous la tonnelle au grand dam de l'autre groupe qui arrive presque en même temps que nous. Nous savourons l'instant et.... le déjeuner. Nous sommes à 1900 m d'altitude à Ifsfass. Nous reprenons la descente, dans un décor grandiose de plissements impressionnants. Après une bonne grimpette, nous voici arrivés à Tiranimin, où le gîte nous accueille.

Après le thé traditionnel, Jean-Marc, qui n'est pas fatigué, décide de partir avec Ali et sa mule, chercher de l'eau à la source, là-bas, tout en bas. Une fois à la rivière, Ali propose à Jean-Marc de monter sur la mule. La pauvre ! Après un essai infructueux, JM arrive à se hisser tant bien que mal. Mais arrivera-t-il à tenir ? Impossible de filmer, il faut se cramponner. Surtout qu'Ali, à son tour, grimpe derrière Jean-Marc ! Mais où est la source ? Là-bas, plus loin, encore plus loin.

Et quelle source ! De l'eau qui sort doucement entre les pierres. Ali s'arme d'une timbale et doucement, pour ne pas ramasser de graviers, commence à remplir les bidons : 80 litres en tout. Pendant ce temps, nous grimpons au-dessus du gîte voir les muletiers nous préparer le pain pour ce soir. La pâte est prête. Moustapha en fait des galettes. Une plaque en fonte posée sur deux pierres, un feu de bois entre les pierres et le tour est joué. La photo s'impose. Stylo, stylo, réclame Ali, en rigolant. Mohamed, avec simplicité, nous raconte comment et pourquoi il a adopté les cinq enfants de sa sœur. Enfin les porteurs d'eau reviennent.

Après une brève toilette, nous nous retrouvons autour du dîner. J.B., qui décidément a retrouvé la forme, nous montre des vidéos de danse de salon, dans l'hilarité générale. Puis, il se met en la tête de vouloir nous apprendre à danser, à Fabienne et à moi. Je fuis, Fabienne refuse. Difficile de lui faire entendre raison. Pour faire diversion, nous demandons à Mohamed de nous parler des danses et chants berbères. Aussitôt, il va chercher les muletiers qui munis de bassines, passoires et autres, arrivent en chantant. Ali me prend par la main, puis Fabienne et nous entraîne dans la ronde. Pauvre J.B., il ne s'en remettra pas !

N'empêche que cette soirée fut pour nous, un moment exceptionnel.

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29 mai 2012

 

Nous rejoignons la rivière et continuons à la descendre. Les villages sont de plus en plus nombreux. Les cultures aussi, nous nous retrouvons dans un labyrinthe de champs et de canaux. Mohamed, nous sommes perdus ! Mais non, nous retrouvons le torrent. Et bientôt, la halte, à l'ombre d'un noyer. Non loin de là, des hommes et des femmes chargent un camion de canisses. Et oui, nous avons rattrapé la civilisation et avec elle, les pistes. Des enfants se partagent les restes de salade et les barres de chocolat. Attention, les papiers se jettent à la poubelle. FEC nous conseille de garder nos chaussures de canyon pour la fin de la randonnée. Nous aurons sûrement encore à traverser la rivière. En effet, mieux vaut passer dans l'eau que faire les funambules sur les ponts.

Mais qu'arrive-t-il à Christian ? On dirait que les semelles de ses chaussures (les deux!) demandent leur indépendance. Réparation de fortune avec des bouts de ficelle. Une dernière et rude montée et nous voilà à Bhoutghara, petite ville, terme de notre trek. Christian fait sensation avec ses chaussures et provoque le fou rire de trois gamines qui nous regardent passer. Y'a les uns et les autres : J.B., 25 jours de chaussures, Christian, 25 ans ! Ce soir, hôtel, chambres avec douche et WC ! Grand luxe !

Et c'est pas tout : un coca dégusté, assis à table, dans un fauteuil. Nous en profitons pour faire les comptes. FEC nous propose de donner 350 dirhams par personne pour nos accompagnateurs. Nous nous exécutons volontiers et y joignons quelques tee-shirts ou autres, devenus inutiles. Les chaussures de Christian seront également récupérés. Au moment du repas, sur la grande terrasse en haut de l'hôtel, FEC s'occupe de la distribution, sans oublier un mot gentil pour chacun. Puis, nous calculons les kilomètres engloutis : 140. Pas mal pour nos petites jambes. Nous finirons la soirée avec de nouveau un spectacle de nos amis muletiers, auquel s'est joint le patron de l'hôtel. Puis, chacun va se coucher, qui dans sa chambre, qui sur la terrasse, car il fait très chaud.

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30 mai 2012

Vers 4 h du matin, un crépitement dans la rue. La pluie ? Non, ce sont nos compagnons muletiers qui retournent à Abbachkou. Petit coup de blues, nous savons que nous ne les reverrons plus. Après le petit déjeuner sur la terrasse, le camion arrive. Le chargement de nos sacs et du matériel s'avère un peu compliqué, mais vers 8 h 15, c'est le départ. Nous suivons un moment la vallée du M'Goun puis la vallée des Roses en direction de Ouarzazat. Mais où sont les roses ? Sûrement toutes disparues dans l'essence de rose vendue au bord de la route. Puis nous traversons le désert, plat, aride, monotone. Il fait très chaud.

A Ouarzazat, nous profitons d'un arrêt gas-oil pour aller boire un coup. Sans nous le dire, FEC fait un saut au supermarché et revient avec … des glaces ! Nous reprenons la route, ouf, le relief devient plus montagneux. Nous passons le col de Tizi N'Tichka, 2260 m, en bas duquel nous déjeunons dans un relais routier. Comme nous allons avoir chaud, au bord de cette route ! Nous traversons une grande salle, et là, derrière, un immense jardin ombragé où nous nous installons sur des coussins moelleux devant un repas de princes. Un joueur de guitare nous chante la sérénade, mais nous préférons écouter le petit oiseau qui loge au-dessus de nos têtes. Après quelques achats, chechs, chaussures, il faut reprendre la route.

Enfin, Marrakech. Petite halte à l'agence de trek « sentiers berbères », où nous faisons la connaissance de Aïcha qui a participé à l'organisation de notre voyage. Puis nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans la ville, jusqu'à une place, devant une mosquée. Terminus, le camion ne peut plus passer dans les petites rues. Nos bagages sont chargés sur une petite charrette et amenés jusqu'au riad « Picolini », dans une impasse, au calme. Nous découvrons alors le petit paradis où nous allons loger pendant deux jours : une cour intérieure fraîche, une petite piscine où flotte des pétales de roses, une table où nous attend le thé de bienvenue.

Tout autour de la cour, le bâtiment sur deux étages, au premier, des chambres, au second, une grande terrasse. Qui plus est, nous sommes les seuls et avons le riad rien que pour nous. Après une bonne douche, nous voici près à repartir. Il est vrai que nous avons besoin de nous dégourdir les jambes. Et on a entendu parler d'un bar, vers la place Jemal El Fna, où l'on peut boire quoi déjà ? … de la bière !!! Les alsaciens en rêvent depuis 10 jours. Retour au riad, la table est superbement dressée. Diverses petites salades, somptueux couscous qui aurait fait le bonheur d'au moins vingt personnes, dessert. Nous n'en pouvons plus. Un dernier thé sur la terrasse et au lit.

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31 mai 2012

Journée libre aujourd'hui. FEC en profite pour aller faire des photos dans les souks. Quant à nous, nous décidons d'aller visiter le jardin Majorelle. Jean-Blaise, qui a acheté un chech mais ne l'a pas encore mis, décide de s'en garnir la tête au grand amusement des autochtones : personne ne porte de chech à Marrakech ! Et voilà que nous accompagne un « guide » à vélo jusqu'au jardin. Surtout, à Marrakech, ne pas avoir l'air de chercher son chemin. Nous aurons du mal à nous débarrasser de notre sympathique accompagnateur même après l'avoir récompensé de sa « gentillesse ».

Tiens, l'entrée est payante. Qu'importe, nous voici dans un havre de paix et de fraîcheur. Ce jardin est vraiment magnifique. Jean-Blaise prend la pose, ici, là, une autre, encore... Ce que c'est que de s'aimer ! Lorsque nous quittons les jardins, devinez qui nous attend à la sortie, au cas où ? De retour vers la place Jemal El Fna, Jean-Marc et moi faisons une petite incursion dans les souks, nous perdons et sommes ramenés par un touriste marocain, qui par miracle ne nous demande rien en échange. Mais c'est bientôt midi, nous avons rendez-vous avec FEC vers la poste, pour le déjeuner. Nous sommes bientôt rejoints par Aïcha et Mohamed.

Attribution solennelle de nos diplômes de « bons trekkeurs », youpi, personne n'a échoué. Comme promis, Mohamed nous distribue les photocopies des cartes retraçant notre itinéraire. Mais bientôt, c'est l'heure pour lui de nous quitter pour rejoindre sa famille avant de repartir pour un nouveau trek. Adieu Mohamed. Peu de chance que nous nous revoyons un jour. Fabienne a les larmes aux yeux, moi, pas loin. Nous garderons le sentiment d'avoir rencontré un être d'exception comme on en rencontre qu'une fois dans sa vie et cette chance restera pour toujours dans nos cœurs. L'après-midi, Jean-Marc et moi décidons d'aller traîner dans les souks.

La bijouterie indiquée par Mohamed est fermée. Évidemment, nous voyant chercher, un nouveau « guide » nous mène dans un autre magasin, où nous achèterons de petits bracelets en argent. A la sortie, encore là, il nous entraîne vers une pharmacie qui nous propose de l'huile d'argan et autres spécialités locales. Quelques pièces et le montant de nos achats pour info nous débarrassera de lui (il court chercher son pourcentage ! ). Enfin seuls, nous nous baladons et achetons encore quelques bricoles. « Moins cher que gratuit » nous affirme les marchands. E

ntre dans ma boutique Ali Baba, plaisir des yeux ! Nous marchandons, rions, ne nous laissons pas faire, mais en définitive nous faisons arnaquer tout de même. C'est le jeu. Marrakech, Arnakech rigolent les commerçants. Bonne douche au riad et pas question de repartir sans se laisser envoûter de nouveau par la magie de Jemal El Fna, la nuit. Dîner sur une terrasse dominant la place. Dernières photos du groupe. Jean-Blaise : Jean-Marc, s'il te plaît, filme moi.

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1er juin 2012

Allez, c'est le grand départ. Nous nous levons vers 6 h car nous devons être à l'aéroport vers 7 h. Le camion nous attend devant la mosquée. Surgi de nulle part, un petit bonhomme tire la charrette sur laquelle sont stockés nos bagages. Quelques pièces et le voilà reparti. Sur le parking de l'aéroport, un autre se saisira de notre chariot, y entassera un maximum de sacs, les renversera plusieurs fois, et s'en ira en maugréant, jugeant le pourboire insuffisant. Formalités habituelles, nous sommes des pros du voyage maintenant, et vers 9 h l'avion décolle.

Nous arrivons à Roissy vers 13 h 40. Les adieux sont rapides car nos amis alsaciens doivent attraper leur train à la gare de l'est. Nous cachons notre tristesse en échangeant nos adresses et en nous promettant de nous revoir bientôt. François-Eric regagne sa Savoie. Lui, on est sûr qu'on le reverra ...

Cat

 

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