Publié le par Catoujm
Publié dans : #trek

Aventures au Népal

29 octobre au 20 novembre 2010

Participants : François-Eric Cormier (notre Chef)

Malou Billiras

Yves Duverger

Jean-Marc (dit « Papé ») et Fabienne Béranger

René Matteoli

Jean-Marc et Cat Bianco

Nos accompagnateurs : Tendi

Karma

Dorjee

Gumbo

5 porteurs

TREK DU KHUMBU

Vendredi 29 octobre

14 h, Aéroport de Roissy Charles De Gaulle.

Nous retrouvons François-Eric et le groupe. Notre avion : un airbus 340, Qatar Air Lines. Après les diverses formalités (enregistrement des bagages, contrôles divers...), nous embarquons, et décollons à 16 h 05. Le temps passe relativement vite, jeux, films, sur notre petit écran individuel. Les hôtesses semblent vouloir nous gaver : boissons, repas, thé, café, sandwiches... Environ 6 h plus tard, nous atterrissons à Doha au Qatar. 2 heures d'attente pour nous balader dans le luxueux Duty Free de l'aéroport. Qui veut acheter des billets de tombola à 125 § pour gagner une porsche Carrera ? Nous ré-embarquons et caressons l'espoir de dormir un peu. Que nenni, les hôtesses reprennent leur ballet.

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Samedi 30 octobre

Le jour se lève, que c'est beau ! L'avion tourne en rond au-dessus de l'Himalaya en attendant l'autorisation de se poser à Katmandou. Nous en prenons plein les yeux, dans quelques jours nous y serons ! Enfin vers 9 h, heure locale, nous atterrissons. Vérification des visas, puis attente des bagages. Ouf, tout est là ! Tendi, notre guide népalais, nous accueille avec des colliers de fleurs et... un mini-bus dans lequel nous chargeons nos bagages. Premier aperçu de la circulation à Katmandou, mieux vaut ne pas avoir de freins, qu'être en panne de klaxon, nous dit FEC. Néanmoins, nous arrivons sans encombre à l'hôtel Nirvana Garden. Nous dégustons un thé dans un très joli jardin, puis après une bonne douche, partons explorer le Thamel, quartier commerçant où se situe notre l'hôtel. C'est une ruche bourdonnante : piétons, voitures, motos, pousse-pousses, et des milliers de boutiques où nous sommes sollicités dès notre approche. Après avoir dégusté un excellent repas tibétain, FEC marchande pour deux taxis qui nous conduisent au stûpa de Svayambhunath, la Colline aux Singes, à l'ouest de la ville. 365 marches, très raides, et nous entrons dans le monastère où des moines psalmodient des prières rythmées par un gong, des cymbales. Un ami népalais de FEC nous fait admirer ses bols chantants. Nous grimpons sur sa terrasse qui offre une vue imprenable sur la ville. Le bouddhisme se mêle à l'hindouisme. Des statues sont dédiées à Shiva, à Ganesh, ou à la déesse de la fertilité. Nous rentrons à pieds à l'hôtel. Nous traversons des quartiers vraiment très pauvres, enfants sur des tas d'ordures, poubelles jetées dans la rivière, vaches faméliques sur les décharges. Des morceaux de viande sèchent sur un toit. Nous retrouvons notre hôtel, qui nous semble vraiment très luxueux. Au dîner, nous goûtons au « Dal bhatt », plat national népalais, mélange de purée de lentilles et de riz blanc.

Enfin, c'est l'heure d'aller dormir, un peu dur, le décalage horaire.

Dimanche 31 octobre

Rendez-vous dans le hall de l'hôtel à 5 h. Nous reprenons le mini-bus en direction de l'aéroport. Tendi nous obtient les autorisations de trek et vers 7 h, un petit avion de la compagnie Tara Air nous emmène à Luckla (2850m). Distribution de bonbons et de coton hydrophile pour les oreilles. Nous survolons des vallées, des rizières, rasons des cols... Tiens, mais c'est la piste d'atterrissage, là, en bas, petit ruban de 400 m. Heureusement, elle est en pente, ce qui permet de freiner l'avion ! Nous débarquons, heureux d'être arrivés entiers. Derrière des grilles, des porteurs attendent pour se faire embaucher. Nous prenons le petit déjeuner, dans un lodge près de l'aéroport. Allez, il faut passer aux choses sérieuses, c'est le début du trek. Ici, plus de routes, plus de voitures, plus aucun moyen de transport hormis les avions, les hélicos, les dzos (croisement entre vache et yak), les ânes. Nous traversons la porte, garnie de moulins à prière, qui nous souhaite « Have a nice trek ». Nous faisons tourner les moulins (dans le sens des aiguilles d'une montre, bien sûr). Pas question d'offenser les dieux ! Ça commence bien : ça descend. Beaucoup de monde sur le chemin : c'est l'autoroute des trekkers. Nous remontons la vallée de la Duth Kosi River (Rivière de lait) et admirons au passage le Kusum Khangkaru (6367m). Petite pause à Thado Koshigaon, puis nous continuons vers Phakding (2610 m) où nous déjeunons. Il est encore tôt aussi décidons-nous de poursuivre jusqu'à Monjo (2385 m). Nous empruntons d'impressionnantes passerelles suspendues au-dessus de la Duth Kosi. Gare aux dzos, il vaut mieux les laisser passer avant de s'engager. Vers 16 h, nous arrivons à Monjo. Il pleut, mais c'est bon signe nous dit François-Eric, cela va assainir le temps. Nous nous installons au lodge. Comme par miracle, nos sacs nous attendent dans nos chambres. Un peu de repos, un bon repas et au lit. La nuit précédente a été courte, la nuit d'avant plus encore !

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Lundi 1er novembre

Petit déjeuner, 7 h 30, départ 8 h 15 pour Namche Bazar (3440 m), traditionnel village sherpa, situé dans une cuvette en fer à cheval. Nous franchissons l'entrée du Parc National du Sagarmatha (nom népalais de l'Everest), sans oublier de faire tourner les moulins à prières. Dans la maison du Parc, une immense maquette permet à FEC de nous montrer tout ce que nous prévoyons de faire. Nous longeons la Duth Kosi jusqu'à Larja Bridge, pont suspendu 60 m au dessus de la rivière. Ça bouge, les drapeaux à prières, chevaux du vent, flottent et nous ravissent par leurs couleurs. Puis commence la montée vers Namche Bazar, 440 m de dénivelé, d'une seule traite à travers la forêt de pins. Ouille, les marches népalaises ! Ici et là, des shortens, murets de pierres plates gravées, que nous contournons soigneusement par la gauche. Sur une esplanade, des vendeuses d'oranges et de bananes nous proposent leur marchandise. Petite pause. Entre les nuages, nous apercevons pour la première fois l'Everest. Enfin nous voici arrivés et nous nous installons à l'Hôtel Namche, grand luxe pour nous : douche chaude dans les chambres et …... matelas chauffant ! Déjeuner, petite sieste, puis vers 15 h, nous montons vers le camp militaire pour tenter d'apercevoir les sommets. Malheureusement le brouillard s'en mêle et nous redescendons dans la purée de pois. Tiens, un faisan ! C'est le symbole du Népal, nous dit FEC. Au passage, nous visitons le musée du Sagarmatha, puis shopping dans les nombreuses boutiques autour de l'hôtel. Petit message à la famille au Cyber Café du coin et nous rentrons sagement déguster l'apéro concocté par Fec : Pastis, fromage de Savoie, saucisson. Excellent dîner : soupe,, galette de pommes de terre, gâteau. Nous rencontrons un sherpa, qui a fait l'Everest 14 fois. « Easy, easy » ! Enfin, nous nous glissons avec délice dans notre lit tout chaud.

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Mardi 2 novembre

Départ vers 8 h 15. Nous quittons notre super hôtel. Nous savons que les chambres avec douche et WC, c'est terminé. Il fait grand beau et nous grimpons au-dessus de Namche. Au fur et à mesure que nous nous élevons, nous découvrons les sommets : Everest (8848 m), Nuptse (7855 m), Lhotse (8516 m), Ama Dablam (6812 m). Petit à petit, ces noms nous deviendront familiers. Au village de Khunde nous buvons un citron chaud, allongés dans l'herbe au soleil. Quelle paix, quelle sérénité ! Nous admirons le Thamserku (6608 m),le Kangtega ou selle de cheval (6685 m), à la forme bien reconnaissable, le Kusum Khangkaru. Ici, peu de monde, nous sommes en dehors des sentiers battus. Le village est composé de maisons un peu disséminées. Les murets qui entourent les terrains forment des rues assez labyrinthiques. Dans un coin des enclos, des monticules de terre. Tendi nous explique que dessous, sont enterrées les pommes de terre pour leur conservation. A l'intérieur des maisons, il fait trop froid. Sur les pierres des murets sèchent des galettes de bouse de yak, carburant pour l'hiver. Elles sont ensuite entassées en une jolie pyramide. Autre tas : des feuilles de rhododendron séchées. Une des utilisations : le trou des toilettes ! Nous poursuivons notre route entre les murets de pierre et nous arrêtons à Khumjung pour déjeuner. Au sud-ouest, le Kongde (6186 m). Pour digérer, nous grimpons jusqu'au monastère qui abrite le scalp du Yéti, bien à l'abri dans sa vitrine cadenassée ! Allez, il faut continuer. Zom, zom, nous incite Karma. Nous gravissons les crêtes qui surplombent Khumjung. Nous traversons des forêts de rhododendrons. Que ça doit être beau au printemps ! Nous nous arrêtons à l'Everest Hôtel où des personnes fortunées se font déposer en hélicoptère pour passer la nuit à 3900 m d'altitude avec oxygène dans les chambres ! Nous nous contenterons d'un citron chaud, avant de reprendre le chemin à travers la forêt. Des lichens chevelus nous caressent la tête au passage. Commence la descente un peu aérienne, sur la crête, vers l'Ama Dablam View, notre lodge de ce soir, à Kyangjuma (3550 m). Traditionnel goûter (chocolat chaud « au lait de kayak » nous dit Yves, très sérieusement). Repos, apéro, et dîner à la carte. Y a pas à dire, c'est bon de se mettre les pieds sous la table, non ?

 

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Mercredi 3 novembre

Petit déjeuner : 7 h. Comme d'habitude, nous avons le choix entre des toasts à la confiture ou au miel, des pane-cakes, du porridge (without milk pour Yves), du thé, du café, du chocolat. Nos gourdes isothermes sont remplies par Karma de  « black tea » pour la rando. « Tititché », Karma. Tendi, lui, nous quitte pour d'autres aventures et est remplacé par Dorjee.

Nous attaquons par une grande descente dans la forêt jusqu'à la grande passerelle qui traverse la Duth Kosi. En bas, petite pause citron chaud. Puis commence une longue remontée, toujours les fameuses marches népalaises. Nous croisons de nombreux trekkers, des porteurs lourdement chargés. De Luckla (2800 m), jusqu'aux villages les plus hauts perchés (4900 m), les porteurs transportent des marchandises, des matériaux, des bouteilles de gaz. Les yaks sont moins chargés que les hommes ! Nous arrivons à Tengboche (3850 m) où nous déjeunons avant de visiter le très beau monastère. Autour de nous, toujours l'Ama Dablam, le Kangtega, le Thamserku, le Kusum Khangkaru et plus sur la gauche le Lhotse, l'Island Peak (6183 m).

Une grande descente dans une forêt de rhododendrons nous mène jusqu'à l'Imja Khola, rivière que nous traversons avant de remonter sur Pangboche (3930 m) où nous nous installons au Highlands Sherpa Resort Family. Il est 15 h 30. Nous avons le temps de parcourir les environs avec Yves et René, pendant que Fec, un peu patraque se repose et que Fabienne chine. Toujours de superbes murs de pierres. De jolis moulins à prières à eau tournent interminablement. C'est le premier 4000 m de Yves. Ça se fête.... Il va bientôt faire nuit et nous retournons au lodge pour nos activités habituelles.

« Jusque là, ça va », dit Papé.

 

Jeudi 4 novembre

Nous partons vers 8 h 15. Aujourd'hui, pas de lodge sur le chemin, aussi un pique-nique est-il prévu par nos sherpas. Nous reprenons le sentier d'hier soir, faisons le tour du Shorten et retraversons l'Imja Khola. Nous remontons dans les alpages à yaks. Les yersas sont une sorte de cabane de berger. Nous voici sur un immense plateau. D'un côté, l'Everest, le Lhotse, le Nuptse, de l'autre, toujours le Kangtega, le Thumserku. Nous montons toujours. Apparaissent le Taboche Peak (6367 m) d'un côté, l'Ama Dablam de l'autre. Nous suivons la moraine. Bizarre cette odeur. De petites touffes un peu desséchées dégagent, chauffées par le soleil, un parfum que nous connaissons. C'est de l'encens, nous dit Fabienne après s'être renseignée auprès de Karma. Un peu durs, les derniers raidillons ! Enfin nous arrivons au Camp de base de l'Ama Dablam. Impressionnant ! Des centaines de tentes sont là ! Ceux qui partent ou qui reviennent d'expédition. FEC sort ses jumelles : une file entière d'alpinistes sur l'arête terminale. A partir du camp de base, il faut environ cinq jours pour faire le sommet et en redescendre. Quant à nous, nous nous installons sagement pour notre « pique-nique ». D'une tente « bouffe », nos porteurs (même agence de trek) arrivent avec jus d'orange chaud, présenté sur un plateau, bien sûr, et une grosse gamelle de soupe avec pâtes chinoises ! Suivent jambon cru et tome de Savoie apportés par FEC. En dessert, quartiers de pommes (épluchés évidemment). « Tititché », merci beaucoup. Durant tout le trek, nous serons chouchoutés par nos sherpas et porteurs. Personnellement, j'ai été profondément touchée par leur attention permanente, leur gentillesse, leur bonne humeur, leur respect. Ne serait-ce pas à nous de les respecter ?

Après une petite sieste au soleil, nous redescendons jusqu'à la bifurcation vers Dingboche. Nous partons en traversée en remontant l'Imja Khola (rive gauche). Tiens, Dingboche est de l'autre côté. La rivière est impétueuse, large et glacée. Un yak qui ose la traversée voit son train arrière emporté. Pas question pour nous de tenter l'aventure ! Où est le pont dont nous avait parlé Tendi ? Le sentier n'est pas facile et nous « baragnons » à 4300 m d'altitude. Yves est fatigué, le « terrain d'aventure » n'est pas son truc. Karma lui prend son sac. Il y a longtemps que nous avons dépassé le village lorsqu'enfin nous apercevons une petite passerelle. Après avoir traversé, nous redescendons donc vers Dingboche. Il fait froid. Arrivés au lodge « Snowlion », nous apprécions la douce chaleur de la salle de restaurant. La sherpani, Mingma Yangi, amie de Tendi, nous offre le vin qui accompagnera une délicieuse pizza.

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Vendredi 5 novembre

Aujourd'hui, pas besoin de préparer nos gros sacs, car ce soir, nous dormons de nouveau au même endroit. Nous partons vers 8 h 30, pour les lacs sous le Duwo Glacier. Nous reprenons le chemin d'hier jusqu'au petit pont, puis grimpons sur les collines en face du village. Premier replat : un enclos, une maison. Les sherpas nous distribuent des fruits secs. Nous buvons un coup et c'est reparti. Ça monte, une bosse, une autre, un premier petit lac et enfin nous arrivons à destination : un grand et joli lac à 4750 m d'altitude. Nous sommes de l'autre côté de l'Ama Dablam, face Nord Ouest. Vue sur le Nuptse, le Lhotse, l'Island Peak. Au nord, le Pumori (7161 m), à l'Ouest le Cholatse (6335 m). On amorce la redescente. Nous apercevons Chhukhung où nous serons demain. FEC nous montre au loin le Makalu. Le chemin, bien raide, nous ramène à notre petit pont et nous sommes de retour au lodge vers 13 h 30. L'après-midi sera consacré à des tâches nécessaires ou même agréables : petite lessive, douche brûlante dans un local au soleil, envoi de mails. Bien sûr, il y a internet à 4400 m ! Mais il existe un grand décalage entre le modernisme et la façon dont vivent les gens : les cybercafés d'un côté et de l'autre, l'eau puisée dans les torrents qui est amenée par tuyau d'arrosage jusqu'au village. Les femmes, les hommes font la lessive dans de grandes bassines en fer, à la brosse ou en foulant le linge au pied. Des tailleurs de pierres refont les chemins ou construisent des maisons en taillant le granit sur place. Les pierres s'ajustent de façon parfaite et les murs sont montés à sec.

Dans la soirée, FEC nous raconte toute l'histoire de l'Everest de la première ascension en 1953 jusqu'à nos jours.

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Samedi 6 novembre

Petit déjeuner : 8 h. Aujourd'hui, petite journée. Nous remontons l'Imja Khola jusqu'au village de Chhukhung (4730 m). Nous avons toujours une vue magnifique sur l'Ama Dablam, le Lhotse, le Nuptse, l'Island Peak et au nord le Pumori. A notre arrivée au Chhukhung Resort de petites filles dansent et chantent pour nous. A notre tour, nous leur chantons « Alouette, gentille alouette », ce qui les fait beaucoup rire. Puis, nous prenons possession de nos chambres. Un peu de repos après le déjeuner et vers 14 h 30 nous partons nous balader. Nous remontons la vallée, traversons la rivière, remontons une moraine. De bosse en bosse, nous arrivons à 4995 m ! Rien de plus haut aux alentours, il faut faire demi-tour. Le 5000 m sera pour une autre fois. René commence à être vraiment fatigué par l'altitude. Au retour, nous nous arrêtons pour photographier le coucher du soleil sur les montagnes. Magnifique !

D'un commun accord, nous décidons afin de nous « économiser un peu », de ne pas passer le Kongma La et de faire le tour par Dingboche pour nous rendre à Lobuche.

Dimanche 7 novembre

Nous redescendons sur Dingboche où nous buvons un citron chaud, puis remontons sur le plateau au-dessus de Phériche. Nous nous arrêtons une ou deux fois pour grignoter et nous réhydrater. Il faut penser à boire beaucoup en altitude. Nos amis sherpas sont toujours aux petits soins : solution hydroalcoolique pour nos mains, puis fruits secs. Nous arrivons sur un grand plateau immense au-dessus de la vallée. Nous apercevons un lac : le Chola Tsho (4590 m). Nous nous arrêtons pour déjeuner à Dughla (4620 m). Puis commence une remontée assez raide jusqu'à Tombstones, en commémoration des alpinistes morts à l'Everest. Nous longeons le Khumbu Glacier en rive droite jusqu'à Lobuche (4910 m). Au lodge, nous préparons nos sacs pour le lendemain, car ce sera une grande journée. « Jusque là, ça va », nous dit Papé. René fait la grimace. Il a le cœur qui bat à fond la caisse.

 

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Lundi 8 novembre

Petit déjeuner à 5 h 30, nous quittons le lodge vers 6 h. Nous remontons la moraine du Khumbu Glacier. Ça monte, ça descend, ça remonte. De vraies montagnes népalaises ! Mais c'est beau. René souffre beaucoup et chaque pas lui coûte. Nous nous arrêtons à Gorak Shep pour une boisson chaude. Sagement, René renonce à l'ascension du Kala Phatar, se repose un peu au lodge, puis entame la redescente vers Lobuche avec Karma. Quant à nous, nous attaquons la montée : 400 m de dénivelé par un chemin raide mais régulier. Le Kala Phatar, la « Pierre Noire », est une éminence rocailleuse de l'arête sud du Pumori. Nous progressons doucement mais sûrement jusqu'à apercevoir le sommet et ses drapeaux multicolores, environ 100 m de dénivelé plus haut. Ces derniers mètres dans les pierres sont les plus difficiles et l'altitude se fait sentir. Enfin nous voilà à 5545 m. Fabienne, notre marathonienne, est arrivée depuis trois quart d'heure. Nous sommes tous très émus. Jean-Marc et Malou ont les larmes aux yeux. Dorjee, Gumbo nous félicitent et tout le monde s'embrasse. Photos, photos. En dessous de nous, le camp de base du Pumo Ri. En face de nous, le Pumo Ri (7161 m), le Lingtren (6713 m), le Khumbutse (6639 m), le Lho La, col à 6026 m, passage sur le Tibet, l'Everest, distant seulement de 9 km, le Col Sud et la combe ouest, le Lhotse, le Nuptse et sa fabuleuse paroi de glace, avec à sa base la fameuse cascade du glacier du Khumbu. C'est fantastique ! Mais il faut redescendre et nous rejoignons Gorak Shep où nous déjeunons. Puis, c'est le retour, sur la moraine interminable, qui monte, qui descend et nous ramène à Lobuche où nous devons passer une deuxième nuit. Nous y retrouvons René qui est revenu doucement. Nous sommes encore à 4900 m et il semble prudent pour lui de perdre de l'altitude dès le lendemain. D'un commun accord, nous décidons de redescendre avec lui jusqu'à Pangboche (3930 m). Ensuite nos chemins se sépareront pour les trois jours suivants.

Mardi 9 novembre

Départ vers 8 h 30. Nous redescendons la vallée jusqu'à Dughla, De là, nous changeons d'itinéraire par rapport à l'aller. Nous ne repasserons pas sur le plateau, mais de l'autre côté de la vallée. Nous nous arrêtons dans un luxueux hôtel à Pheriche. Nous perdons de l'altitude. « On est à 4000 et déjà la végétation nous casse les couilles » dit Papé en se prenant les pieds dans une racine. Nous continuons jusqu'à Pangboche où nous passons une nouvelle nuit au Highlands Resort Family, comme précédemment.

Mercredi 10 novembre

Il a fait chaud cette nuit, et nous n'avons pas très bien dormi. Nous petit-déjeunons à 8 h. Et c'est parti ! Nous suivons un magnifique chemin en corniche qui va de Pangboche à Phorse. En face de nous, le Thamserku. Au passage, nous photographions des « Taars », sortes de grandes chèvres népalaises au milieu des troupeaux de yaks. Le chemin, en balcon au-dessus de l'Imja Khola nous laisse sans voix. En face de nous, de l'autre côté, le monastère de Tengboche. Nous déjeunons à Phorse (3810 m). René s'arrête ici, avec Gumbo. Il y passera la nuit. Demain, il redescendra à Namche Bazar, puis remontera à Thame, vendredi, et nous rejoindra à Marlung, samedi. Galou, un des porteurs, remplacera Gumbo. Allez, on y va. Zom, zom...Chemin en descente, dans la fôret de rhododendrons et de lichens chevelus. Nous traversons la Duth Kosi, puis commence une longue et superbe remontée en balcon, dans les bois, au-dessus de la vallée, jusqu'au village de Dhole (4110 m) où nous passons la nuit au Yéti Lodge.

« Jusque là, ça va », dit Papé.

 

Jeudi 11 novembre

Nous partons un peu plus tôt, aujourd'hui : 7 h 15. La montée est assez raide au-dessus du lodge, puis le chemin part en traversée au-dessus de la Duth Kosi. En face de nous, le Cho Oyu (8201 m). Nous arrivons à Luza (4360 m) où nous buvons le traditionnel citron chaud. Puis, c'est Macherma (4470 m) où nous déjeunons. Nous remontons toujours la vallée de la Duth Kosi par un chemin en terrasse qui se redresse avant d'arriver au 1er lac de Gokyo. Qu'ils sont raides, ces escaliers ! Nous passons le 2ème lac et il nous faudra encore 1 h avant d'arriver au 3ème lac à côté duquel se situe le village de Gokyo. Nous nous installons au lodge, puis montons sur la moraine pour admirer le coucher de soleil sur le Cho Oyu, le Cholatse, le Kantega, le Kusum Khangkaru.

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Vendredi 12 novembre

Nous partons vers 7 h 45 pour remonter le Ngozumba glacier, jusqu'au 4ème lac. Mais Jean-Marc respire difficilement et nous redescendons avec François-Eric et Papé qui lui, a un début de bronchite. Le reste de la troupe, infatigable, pique-niquera un peu plus haut, accompagnée par Karma. L'après-midi, pour nous, ce sera repos.

 

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Samedi 13 novembre

Départ, 7 h 45. Aujourd'hui, grosse journée : de Gokyo, nous devons passer le Renjo Pass, col à 5360 m, pour nous rendre à Marlung (4210 m). Départ prudent de Gokyo où nous longeons le lac sur les pierres gelées. Karma et Dorjee n'hésitent pas à mettre les pieds dans l'eau, pour ne pas que nous glissions ! Une longue traversée légèrement ascendante nous mène jusqu'à la moraine. Jean-Marc, encore un peu fatigué, s'accroche aux pas de FEC et moi, aux pas de Jean-Marc ! La montée est rude. Un plateau nous permet de souffler un peu, puis de nouveau, il faut grimper. Comme ils sont hauts, les drapeaux qui flottent au col ! Enfin nous y voilà ! Grosses effusions, on s'embrasse, on se félicite. Photos, photos. Puis, s'amorce la redescente. Nous plongeons dans la vallée de la Bhote Koshi. Les gens de Thame ont fait un boulot de fous ! Pour que le col puisse être utilisé dans les deux sens, ils ont aménagé le sentier d'une façon incroyable : des escaliers monstrueux, sur environ 1000 m de dénivelé. Nous croisons des nonnes qui après avoir assisté à une cérémonie au Népal, retournent au Tibet. Nous arrivons à Lumde (4380 m) où nous avons le plaisir de retrouver René qui nous a rejoint. Le temps d'un repas et nous voilà en route pour Marlung (4210 m) où nous faisons halte dans un tout petit lodge très rustique.

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Dimanche 14 novembre

Fec nous apporte le « thé au lit ». Jean-Marc, malade dans la nuit, n'est pas en grande forme.

Nous entamons notre descente sur Thame. Au passage, nous visitons le village de Taranga, village du Yéti. Il est bizarre ce village, il semble abandonné. Juste une vieille, à l'entrée, qui semble avoir perdu un peu la tête. Enfin arrivés à Thame, Jean-Marc se couche. Quant à nous, nous déjeunons, nous nous douchons (hum, ça fait du bien!), puis nous allons visiter le monastère. Au retour, chocolat chaud, lecture, puis apéro et enfin dîner. Jean-Marc, qui semble aller un peu mieux, passe la soirée avec nous.

Lundi 15 novembre

Aujourd'hui nous devons retourner à Monjo en passant par Namche Bazar. Jean-Marc n'est pas bien du tout et Karma lui prend son sac. A Thamo, nous visitons une nonnerie tandis que FEC et JM s'installe à une terrasse. Coca sans bulle pour ce dernier. Tant bien que mal, nous arrivons à Namche pour le déjeuner (Riz blanc pour Jean-Marc qui n'en avalera qu'une cuillère !) Nous repartons rapidement et arrivons à Monjo à la nuit. Merci à tout le groupe qui derrière Jean-Marc semble vouloir le porter dans le dernier raidillon avant l'arrivée. Antibio costaud le soir, et on croise les doigts pour demain.

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Mardi 16 novembre

Jean-Marc va bien, à notre grand soulagement. C'est le jour de notre retour à Luckla et dans notre souvenir, les escaliers sont nombreux et raides, et c' est tout à fait çà ! De plus, FEC est inquiet car depuis cinq jours, vu les conditions météo, les avions ne décollent plus de Luckla. On commence à parler de retour en hélico. Ce serait bête de rater le vol international, vendredi ! Enfin arrivés à Luckla, ce sont les grandes effusions . La boucle est bouclée. Allez, il faut photographier ce moment historique. Par bonheur, à Luckla, nous avons la chance d'avoir des chambres au Paradise Lodge. Il y a un monde fou, au moins mille personnes attendent pour prendre l'avion. Dans la soirée, petite cérémonie pour remercier nos sherpas et porteurs.

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Mercredi 17 novembre

Le temps est clair ce matin et le moral remonte. Mais pas pour longtemps. Nous passons la journée à l'aéroport. Quelques avions, quelques héllcos volent. Mais quand le brouillard le lève à Luckla, ça se bouche à Katmandou et inversement. Certains avions décollent mais font demi-tour. D'autres arrivent à Luckla, mais tombent en panne sur l'aéroport. Que font tous ces gens ? Ah, ils poussent l'avion ! Le problème est que si nous n'avons pas le vol prévu, nous nous retrouvons derrière tous ceux qui sont arrivés avant nous. De plus, au moins 200 personnes arrivent chaque jour dans le village.

15 h : nous retournons au lodge car il n'y a plus d'avion au départ de Katmandou. Plus de chambre non plus au lodge ! Heureusement, la propriétaire du lodge nous loge tous les huit dans la Gumpa privée : « pas fumer, pas faire l'amour ».

Le soir, au dîner, nous fêterons tout de même l'anniversaire de Yves. Nous lui offrons un joli moulin à prière. Charge à lui de le faire tourner dans le bon sens pour que nous puissions partir demain.

Jeudi 18 novembre

Et alors, Yves, qu'as-tu fait toute la nuit ? Et nos prières ? Le temps est bouché plus qu'hier. Un petit espoir vite déçu dans la matinée. Nos bagages partent pour l'aéroport, nous aussi. Puis nous nous replions au café juste en face. FEC et Papé trompent leur attente en allant chez le barbier. Si Papé, bien qu'inquiet au début, semble satisfait du résultat, FEC fait une drôle de tête. Il a voulu se faire couper les cheveux... mais pas aussi courts. Vers 12 h, nous revenons à la Gumpa. Nous passons la journée au lodge à patienter. Au moins il fait plus chaud que dans les courants d'air de l'aéroport. Vers 16 h, celui-ci ferme. Plus d'espoir pour ce soir. Autre nouvelle, il sera difficile de décaler le vol international, la Qatar Air Lines est surbookée.

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TREK DU KHUMBU

Vendredi 19 novembre

Réveil, 5 h 30, petit-déjeuner, 6 h. Grâce à Babou, un oncle de Tendi, qui tient une agence de trek à Katmandou, un hélicoptère se serait posé hier soir à 20 mn de Luckla et devrait venir nous chercher ce matin. Mais le temps est bouché. Néanmoins, nous allons à l'aéroport pour être sur place au cas où. Karma et Dorjee sont toujours là pour nous assister et essayer de nous faire partir. Enfin l'hélico arrive. Pourquoi ne se pose-t-il pas sur l'héliport ? Un autre groupe aurait-il réussi à négocier pour partir à notre place ? Certains groupes offrent des sommes pharamineuses pour quitter Luckla ! A notre grand soulagement, l'hélico revient et nous nous empressons d'embarquer avec nos gros sacs. Nous sommes lourdement chargés. Un entonnoir dans le réservoir et c'est le plein de kérosène (13 bidons de 20 litres). Nous décollons dans la purée de pois. Le pilote suit son GPS et navigue à vue, sans instrument. Nous suivons la vallée de la Sun Kosi et obliquons vers le sud. En bas, des canyons, des rizières, des sentiers escarpés. C'est superbe ! Enfin, nous arrivons à Katmandou où Babou nous attend. Merçi mille fois Babou. Un petit bus nous conduit au Nirvana Hôtel pour une douche rapide. Quelques courses à fond la caisse et nous voici attablés à l'Everest Steak House, pour un steak monstrueux dont nous parlaient Fec et Malou depuis trois semaines !

Encore deux, trois achats et un autre petit bus nous conduit à Bodnath, le quartier tibétain. Nous flânons un peu (que c'est bon !) et faisons le tour de la Stûpa. Puis c'est l'aéroport international, 3 h avant le décollage. Nous nous soumettons aux diverses formalités et enfin nous embarquons dans l'avion que, ce matin encore, désespérions pourvoir prendre. « Plus jamais Luckla » dirons-nous en cœur. François-Eric respire ! Nous avons une pensée pour tous ceux qui sont restés là-bas. Un grand merci à toi, FEC, à Babou, à Karma, à Dorjee. Sans vous, qui sait dans combien de temps nous aurions pu rentrer.

A 19 h 30, nous décollons pour Doha où nous abandonnerons Fabienne et Papé qui n'ont pas pu avoir de place dans le même avion que nous pour Paris.

A 0 h 30, heure de Doha, nous décollons pour Roissy Charles De Gaulle. Nous nous séparons avec nostalgie. Pas facile de se quitter après cette belle aventure, après avoir partagé les mêmes émotions, éprouvé les mêmes joies et...soigné les mêmes bobos !

 

Petites remarques

C'est la première fois que nous voyagions avec François-Eric et nous sommes restés pantois devant la formidable organisation du trek. Tout d'abord, aucun souci administratif : billets d'avion, enregistrement des bagages, cartes d'embarquement, permis de trek. Tout nous arrive dans les mains avant même que nous réalisions. Nous arrivons à Katmandou, nous sommes aussitôt pris en charge et conduits à l'hôtel. Et les repas ? Restaurant tous les jours, midi et soir. Tendi, puis Dorjee, Karma, Gumbo nous chouchoutent en permanence. Il y en a toujours un devant, deux derrière et si nous nous arrêtons (pour une photo par exemple), ils nous attendent. Jamais aucun de nous n'est resté seul. Dans les lodges, Karma prend les commandes, nous sert à table, aidé parfois par Galou. Et les porteurs ? Le matin, nous laissions nos gros sacs dans les chambres pendant que nous déjeunions. Lorsque nous revenions, ils avaient disparu ! Nous les retrouvions le soir, dans le lodge suivant. Comme au début du trek, nous étonnions de pas voir l'équipe de porteurs, FEC nous explique qu'ils se font très discrets de nous peur de nous déranger ! Quant au trek lui-même, (et oui, il a bien fallu marcher), je pense que l' expérience de Fec, (adaption à l'altitude très progressive, rythme étudié avec soin), nous a permis de ne pas trop souffrir et d'apprécier pleinement ce fantastique voyage.

 

 

TREK DU KHUMBU

NAMASTE ! « Que tout ce qui est bon en vous soit béni »

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rai 13/05/2016 17:30

tres bon carnete de voyage et tres utill bravo